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Épisode 1, saison 3 de la série télévisée Black Miror.

À la poursuite des « likes »

Comme le disait Martin Gray, “aimer c’est partager”. Avec les médias sociaux c’est la même chose ! Bien que cette fois-ci, nous partageons également pour être “aimé”! Faisant ainsi échos à nos sociétés dominées par l’image et la soif de réussite ! Pour certains, rien ne vaut la satisfaction de voir l’un de ses posts plébiscité ! Néanmoins ce besoin de plaire à tous semble parfois virer à l’obsession.

Les réseaux sociaux: un véritable phénomène de société 

Selon le site Statisca.com nous sommes environ 2 milliards d’internautes utilisant les réseaux sociaux. Ce chiffre devrait encore augmenter à mesure de la popularité grandissante de l’utilisation des appareils mobiles et réseaux sociaux sur mobiles.

Apparus il y a plus d’une dizaine d’années, les réseaux sociaux se sont vite imposés aussi bien dans nos sphères privées que professionnelles. Grâce à ces derniers notre audience est démultipliée. Nous avons en effet la possibilité de partager du contenu au-delà des frontières géographiques. Ils nous permettent également de créer et de recréer du lien social, de nous divertir et de nous informer sur l’actualité.

Dans le monde, c’est près d’une personne sur deux qui utilise les médias sociaux. 97 % des utilisateurs y accèdent via un appareil mobile selon le blogdumoderateur.com. Ce dernier a également constitué un top 10 des plateformes rencontrant le plus de succès auprès des utilisateurs en 2020. Ci-dessous un graphique mettant en relief ce classement.

Nous retrouvons sur le podium, les plateformes américaines telles que Facebook qui comptabilise à elle seule 2,45 milliards d’utilisateurs, suivi de YouTube (2 milliards) et enfin WhatsApp (1,6 milliards). On note toutefois un bond non négligeable d’Instagram et TikTok dans ce classement. 

Pourquoi partage t-on du contenu sur les réseaux sociaux ? 

Le New York Times a publié une étude intitulée psychology of sharing en coopération avec l’Instituts Customer Insight Group et Latitude Research. Cette dernière visait à comprendre les motivations qui poussent les utilisateurs à partager en ligne. Les résultats obtenus ont révélé 5 principales raisons de partage de contenu:

  1. Afin d’apporter un contenu qui soit précieux, instructif et divertissant pour les autres
  2. Pour se définir aux autres ainsi qu’à soi-même
  3. Afin de développer et enrichir ses relations
  4. Pour son épanouissement personnel et être crédité par les autres sur ce que l’on a partagé
  5. Pour soutenir les causes auxquelles l’on croit et les marques que l’on aime.

Une révolution dans l’usage

Au cours des cinq dernières années, la majorité des médias sociaux a connu de nombreux changements. En effet, on remarque depuis quelques temps un intérêt grandissant de recevoir l’approbation des autres et de documenter ses expériences. Notamment depuis l’avènement des “Selfies” (“auto-photo” ou “auto-portrait” consistant à se prendre en photo avec son téléphone mobile). L’autopromotion est encouragée car ce sont les utilisateurs qui génèrent tout le contenu. Ce qui amènent certains à présenter une image surréaliste d’eux-mêmes. Seules les informations les plus attrayantes les concernant sont sélectionnées. 

Depuis une poignée d’années les internautes sont de plus en plus nombreux à avoir recours à des fonctionnalités permettant de documenter leur vie en quasi temps réel. Que ce soit une photo ou bien une vidéo tout y passe. Les abonnées ou amis, suivant la plateforme utilisée, sont à même de voir leur petit déjeuner, leurs tracas de la journée, le restaurant dans lequel ils ont dîné, la nouvelle montre qu’ils se sont achetée… la liste est non exhaustive !

On observe également un changement au niveau de l’engagement qui est d’autant plus concentré sur les « likes ». Chez bon nombre de personnes, surtout chez les plus jeunes, ces « j’aimes » signifient que l’on a vu ou pris connaissance d’un contenu et que l’on a intégré un groupe. On a affaire à un véritable système d’échange de « likes » dans lequel les posts les moins plébiscités ou populaires sont parfois tout simplement supprimés.   

Selon francesoir.fr, d’après une étude menée au Royaume Unis sur les utilisateurs d’Instagram; 40% d’entre eux se sentent dans l’obligation de ne partager que les contenus susceptibles d’atteindre le plus de « likes » ou de commentaires possibles. 
Ce besoin compulsif de partager du contenu afin d’avoir l’approbation des autres n’est pas anodin. Notre cerveau secréterait une hormone du plaisir, appelée la dopamine. Cette hormone serait ce qui provoquerait la recherche frénétique de récompense et de reconnaissance. En l’absence de « likes », on observerait une chute du niveau de dopamine pouvant ainsi conduire à la dépression. 

Quels sont les risques ? 

La pression du « like » amène plusieurs problèmes. Tout d’abord on a l’estime de soi qui dans certains cas s’en voit diminuée. Ce besoin constant de montrer la meilleure image ou la meilleure version de soi-même, peut avoir des effets dramatiques menant à plusieurs risques. On parle ici de risque d’addiction ou encore de dépression. Ces risques font échos à l’épisode « chute libre » de la série Black Mirror dépeignant une société dans laquelle vos nombres de « likes » définissent vos avantages économiques ou sociaux. L’épisode met en exergue une société devenue totalement addicte à ses réseaux sociaux et à ses « likes ». Ce futur dystopique pourrait probablement être le nôtre si nous ne modifions pas notre usage des réseaux sociaux et surtout s’il n’y a pas de réelles réflexions collectives sur ces dérives. 

Et vous, quel est votre avis ?

Cliquez sur le bouton « Sources » pour les afficher:

http://www.slate.fr/story/125745/comment-images-reseaux-sociaux-affectent-cerveau

https://blog.digimind.com/fr/tendances/pourquoi-les-internautes-adorent-partager-du-contenu-sur-les-reseaux-sociaux

https://trendy.letudiant.fr/reseaux-sociaux-pourquoi-a-t-on-tellement-besoin-de-like-a2013.html

https://www.lesechos.fr/2018/07/narcissisme-20-1020619

https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-nos-vies-connectees/20170831.OBS4056/reseaux-sociaux-publier-beaucoup-c-est-trahir-une-fragilite-narcissique.html

http://madame.lefigaro.fr/societe/instagram-snapchat-a-quel-profil-psychologique-repond-votre-obsession-230616-114960

Sources

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