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La course aux « Likes » et moi

« Dans le futur, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale ». Comme l’avait prédit Andy Warhol, il est aujourd’hui rendu possible à chacun d’avoir son quart d’heure de gloire ! Les plateformes digitales permettent ou développent le besoin d’être connu et reconnu. Je pensais être exemptée de ce genre d’envie voir indifférente au fait d’obtenir ou non l’approbation des autres. Mais avec un peu de recul, je me suis rendu compte que j’étais dans le déni le plus complet !   

« Les réseaux sociaux sont un peu « comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber »! « 

« Dans le futur, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale ». Comme l’avait prédit Andy Warhol, il est aujourd’hui rendu possible à chacun d’avoir son quart d’heure de gloire ! Les plateformes digitales permettent ou développent le besoin d’être connu et reconnu. Je pensais être exemptée de ce genre d’envie voir indifférente au fait d’obtenir ou non l’approbation des autres. Mais avec un peu de recul, je me suis rendu compte que j’étais dans le déni le plus complet !

Les réseaux sociaux sont un peu « comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber »!

2008, c’est l’année à laquelle je me suis inscrite sur Facebook, ensuite ce fut le tour de Twitter, Instagram et LinkedIn. A cette époque, j’allais essentiellement sur ces plateformes pour maintenir mes relations avec mes proches et créer de nouvelles connexions. Ces plateformes me donnaient le sentiment de pouvoir atteindre des personnes avec lesquelles je ne rencontrerais ou n’entrerais jamais en contact autrement. 

J’aime le fait de pouvoir m’informer en temps réel de ce qui se passe partout dans le monde. De disposer d’une petite fenêtre sur l’extérieur tout en ne quittant pas ma chambre. Mais ce que j’apprécie le plus, c’est qu’en matière de divertissement, les médias sociaux sont imbattables ! Il n’y a littéralement jamais un moment d’ennui ! Chaque fois que je m’y connecte, j’y découvre toujours des choses différentes. Finalement, les réseaux sociaux sont un peu « comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber »!

L’envers du décor 

Episode 1, saison 3, série Black Mirror
Episode 1, saison 3, série Black Mirror

Lors de ma première année de lycée, j’ai commencé à voir apparaître une certaine forme de compétition concernant le nombre de “likes” obtenus sur Facebook. Celle-ci apparaissait essentiellement durant les anniversaires. Même si cela n’était pas explicitement exprimé, il n’en était pas moins primordial d’avoir un nombre assez important de vœux d’anniversaire sur son “mur”. A l’époque, votre nombre d’ “amis” était une sorte de gage de réussite, affirmant que vous étiez quelqu’un d’important.

Quelques années plus tard, je remarquais la même problématique concernant les photos postées sur les réseaux. Que ce soit celles de profil, de soirées ou de vacances tout était bon (et l’est toujours d’ailleurs) pour se mettre en scène, montrer que l’on vit “sa plus belle vie”. Résultat, lors de réunions d’amis ou de famille, au cours d’un dîner ou d’une soirée, on est constamment interrompu par les “instant insta”, “Snap” et compagnie. Les endroits de rencontre sont parfois même choisis en fonction de leur potentiel « Instagramable » que par véritable envie. La course aux « likes » à laquelle sont soumis nos posts, photos ou vidéos ce fait parfois au détriment des moments présents. Cette pression que l’on s’auto-inflige révèle un profond mal être, celui d’avoir peur d’être insignifiant.

“Ce souci de vouloir exprimer sa singularité est d’une certaine manière très “conformiste” à nos sociétés individualistes modernes”.

Lors de ma première année de lycée, j’ai commencé à voir apparaître une certaine forme de compétition concernant le nombre de “likes” obtenus sur Facebook. Celle-ci apparaissait essentiellement durant les anniversaires. Même si cela n’était pas explicitement exprimé, il n’en était pas moins primordial d’avoir un nombre assez important de vœux d’anniversaire sur son “mur”. A l’époque, votre nombre d’ “amis” était une sorte de gage de réussite, affirmant que vous étiez quelqu’un d’important.

Quelques années plus tard, je remarquais la même problématique concernant les photos postées sur les réseaux. Que ce soit celles de profil, de soirées ou de vacances tout était bon (et l’est toujours d’ailleurs) pour se mettre en scène, montrer que l’on vit “sa plus belle vie”. Résultat, lors de réunions d’amis ou de famille, au cours d’un dîner ou d’une soirée, on est constamment interrompu par les “instant insta”, “Snap” et compagnie. Les endroits de rencontre sont parfois même choisis en fonction de leur potentiel « Instagramable » que par véritable envie. La course aux « likes » à laquelle sont soumis nos posts, photos ou vidéos ce fait parfois au détriment des moments présents. Cette pression que l’on s’auto-inflige révèle un profond mal être, celui d’avoir peur d’être insignifiant.

Ce souci de vouloir exprimer sa singularité est d’une certaine manière très “conformiste” à nos sociétés individualistes modernes.

Outre le fait de gâcher des moments de vie, ce que je reproche à certaines plateformes numériques concerne le fait qu’elles nourrissent une culture du narcissisme. Leur récente utilisation est en grande partie tournée vers un culte de l’ego 2.0 dont le besoin de reconnaissance publique en est le moteur. Chaque “like” obtenu vient cultiver un peu plus ce “narcissisme digital”. Les réseaux sociaux sont ainsi devenus un journal intime public dans lequel la principale chose mise en avant n’est autre que soi-même. Ce souci de vouloir exprimer sa singularité est d’une certaine manière très “conformiste” à nos sociétés individualistes modernes.

Photos de deux copines postées sur leur respectif compte instagram. Chacune ayant photoshopé sa propre personne en se faisant apparaître plus mince que son amie.
La jeune femme a également oublié de photoshoper son reflet dans la vitrine.

Pour étancher cette soif d’idéal et de reconnaissance, les utilisateurs tendent à partager que ce qui est susceptible d’être le plus plébiscité et d’être avantageux pour eux. On se retrouve donc avec des milliers de photos montrant des plages aux eaux turquoises et sables fins, des ciels clairs, dégagés et sans nuages (oui parce que certains les Photoshop également !), des corps complètement surréalistes dignes de films Marvel ! Quand on est une personne plutôt lambda il est parfois difficile de ne pas se comparer à ces vies “parfaites”. Ce qui est souvent évalué concerne son apparence, sa richesse, ses amis et ses proches. Le fait d’être constamment confronté à des images idéalisées et des récits de vie déraisonnablement positifs nous rendent davantage susceptibles de nous sentir plus mal dans notre peau et dans notre vie.

« Depuis quelques années sévissent de nombreux posts misant avant tout sur l’émotion »

Ce côté superficiels et nombriliste où tous exposent une vie “incroyable” était en grande partie l’une des raisons de mon désamour des médias sociaux. Ce qui me dérangeait c’était ce manque de spontanéité, de sincérité. Tout semble parfaitement calculé et maîtrisé, même les soi-disant “posts émotions” contenant de jolies histoires empreintes de morale. Je pense notamment au réseau professionnel LinkedIn dans lequel ont fleuri bon nombre de posts aux histoires larmoyantes et parfois inventées. Ce réseau social est à la base destiné à créer des contacts pro, identifier des entreprises et offres d’emploi. 

Depuis quelques années sévissent de nombreux posts misant avant tout sur l’émotion. On y retrouvent des posts relatant les aventures de l’auteur se mettant parfois en scène pour démontrer à travers l’histoire d’un employé démuni, sur le point d’être viré ou ayant un proche malade, comment il a réussi à trouver en lui de la bonté et de la solidarité. Tous les moyens sont bons pour générer du “like”, des commentaires mais surtout pour faire parler de soi. Même si parfois ces posts m’agacent, je les préfère à ceux qui affichent trop d’aigreur. Ça peut sembler assez paradoxal venant de ma part mais au moins ils ont le mérite d’être parfois bénéfiques pour le moral !

Pour étancher cette soif d’idéal et de reconnaissance, les utilisateurs tendent à partager que ce qui est susceptible d’être le plus plébiscité et d’être avantageux pour eux. On se retrouve donc avec des milliers de photos montrant des plages aux eaux turquoises et sables fins, des ciels clairs, dégagés et sans nuages (oui parce que certains les Photoshop également !), des corps complètement surréalistes dignes de films Marvel ! Quand on est une personne plutôt lambda il est parfois difficile de ne pas se comparer à ces vies “parfaites”. Ce qui est souvent évalué concerne son apparence, sa richesse, ses amis et ses proches. Le fait d’être constamment confronté à des images idéalisées et des récits de vie déraisonnablement positifs nous rendent davantage susceptibles de nous sentir plus mal dans notre peau et dans notre vie.

Depuis quelques années sévissent de nombreux posts misant avant tout sur l’émotion.

Ce côté superficiels et nombriliste où tous exposent une vie “incroyable” était en grande partie l’une des raisons de mon désamour des médias sociaux. Ce qui me dérangeait c’était ce manque de spontanéité, de sincérité. Tout semble parfaitement calculé et maîtrisé, même les soi-disant “posts émotions” contenant de jolies histoires empreintes de morale. Je pense notamment au réseau professionnel LinkedIn dans lequel ont fleuri bon nombre de posts aux histoires larmoyantes et parfois inventées. Ce réseau social est à la base destiné à créer des contacts pro, identifier des entreprises et offres d’emploi. 

Depuis quelques années sévissent de nombreux posts misant avant tout sur l’émotion. On y retrouvent des posts relatant les aventures de l’auteur se mettant parfois en scène pour démontrer à travers l’histoire d’un employé démuni, sur le point d’être viré ou ayant un proche malade, comment il a réussi à trouver en lui de la bonté et de la solidarité. Tous les moyens sont bons pour générer du “like”, des commentaires mais surtout pour faire parler de soi. Même si parfois ces posts m’agacent, je les préfère à ceux qui affichent trop d’aigreur. 

Ça peut sembler assez paradoxal venant de ma part mais au moins ils ont le mérite d’être parfois bénéfiques pour le moral !

Ma prise de conscience 

Je me suis toujours efforcée de m’exposer le moins possible sur les réseaux sociaux. Je n’aimais pas l’idée que l’on puisse avoir une image de moi qui soit faussée basée simplement sur du contenu que j’aurais pu partager. Certaines personnes ne cherchent pas vraiment à savoir si leur impression sur vous est correcte et sautent directement vers des conclusions hâtives. Ce qui me dérangeait également était ce côté pas très rassurant d’internet, qui est que ce que vous y inscrivez n’est pas forcément amené à disparaître. On laisse parfois une trace indélébile de notre passage qui pourra un jour peut être se retourner contre nous.

En ayant récemment eu une discussion à coeur ouvert avec une amie, j’ai réalisé qu’il y avait d’autres éléments que je ne prenais pas en compte. Je pense que ça faisait trop de mal à mon égo de l’admettre que je ne voulais surtout pas m’exposer car j’angoissais à l’idée de ne pas être à la hauteur et de déplaire. De ne pas avoir les épaules assez larges pour aborder les sujets qui me tenaient à coeur et de laisser une mauvaise image de moi-même. Mais forte heureusement, je me soigne par le biais de ce blog, notamment à travers mes articles concernant mes expériences.

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