You are currently viewing L’hyper-personnalisation des contenus: piège ou avantage ?

L’hyper-personnalisation des contenus: piège ou avantage ?

Avoir les pouvoirs magiques de Mary Poppins à notre service serait le rêve de beaucoup d’entre nous. Qui ne rêverait pas de posséder un sac sans fond duquel nous pourrions sortir n’importe quels objets répondant à nos besoins ? Ou bien encore être à même de ranger et trier ses affaires en un claquement de doigt ? Aujourd’hui, les moteurs de recherches ou plateformes numériques nous offrent la possibilité de jouir de ses aptitudes au profit de notre contenu ! Ce dernier est maintenant personnalisé, permettant ainsi de réduire la surcharge d’informations auquel nous sommes confrontés sur la toile.

Dans un monde où l’on manque de temps, ne pas avoir à filtrer soi-même une énorme quantité d’informations peut être grandement utile. Cependant, ces pratiques soulèvent plusieurs interrogations portant essentiellement sur le paradoxe de l’hyper-personnalisation que cela engendre. D’un côté, les utilisateurs se verraient avantagés par à un contenu adapté à leurs intérêts. De l’autre, ils en seraient lésés, piégés dans une « prison virtuelle »; dans laquelle une seule perception du monde subsisterait.

Du contenu sur mesure

Aujourd’hui, les médias sociaux permettent à leurs utilisateurs de se divertir, de faire de nouvelles connaissances ou encore trouver des personnes partageant les mêmes idées. Nombreux sont ceux qui les utilisent pour s’informer. Selon une étude menée par l’Ifop, les jeunes de 18-24 ans sont ceux qui utilisent le plus ces moyens pour suivre l’actualité, devançant ainsi largement la télévision ou encore la radio.

Internet et les réseaux sociaux sont devenus pour beaucoup d’utilisateurs l’une de leur principale source d’informations. Les contenus qui leur sont proposés sont en général ceux propulsés par les algorithmes de ces plateformes. Ainsi, aucun utilisateur n’obtient les mêmes résultats à partir de ses recherches. Sur Google par exemple, les recherches effectuées renvoient à des résultats basées sur des recherches antérieures, qui vont bien évidemment différer d’un individu à un autre.

Ces dernières années, d’autres moteurs de recherches ou médias sociaux comme Facebook ont également commencé à personnaliser leurs services. Ils se sont efforcés d’ajuster ces derniers aux goûts personnels des utilisateurs conduisant ainsi à un phénomène d’hyper-personnalisation. De ce fait, l’actualité, les résultats de recherches, les produits et les flux d’informations proposés sont orientés en fonction de son historique. Il en est de même en ce qui concerne nos comportements d’achat et nos tendances sociales

Grâce à ces pratiques, les utilisateurs peuvent jouir d’un double bénéfice. D’après les avis récoltés, par une enquête menée par le cabinet BCG et l’AFRC, les clients auraient la satisfaction de s’assurer un gain de temps considérable tout en ayant le sentiment de se sentir considérés par les entreprises. Il a été démontré que les consommateurs réagiraient mieux à un contenu personnalisé car ce dernier leur donnerait l’impression d’avoir plus de contrôle sur leur expérience du web.

La traque aux données

Cette hyper-personnalisation est permise grâce à une quantité importante de données démographiques, comportementales et psychographiques. Aujourd’hui, le monde numérique en regorges. Pendant plusieurs années les plateformes digitales ainsi que les entreprises ont effectué une collecte de masse des données personnelles de leurs utilisateurs. Leurs buts ? Capter leur attention afin d’avoir du « temps de cerveau disponible » dans l’optique de pousser des contenus publicitaires. Pour rester compétitives, les entreprises se doivent de comprendre les attentes de leur client afin de proposer un contenu qui leur soit pertinent. Dans cette logique, la personnalisation prend de plus en plus d’importance dans le marketing effectués par ces organisations. Le but étant de fournir une meilleurs expérience utilisateur basée sur leurs activités et goûts personnels.

Une dangereuse conséquence involontaire émerge

La traque aux données apporte également son lot de problèmes. La personnalisation des contenus poussée à l’extrême pourrait avoir des conséquences néfastes pour la démocratie. Malgré les nombreux avantages apportés par la sur-personnalisation de contenu que soit au niveau des entreprises, des plateformes digitales ou bien des utilisateurs; cette dernière peut à terme mener vers une perception d’un monde cloisonné. Un monde de replis intellectuel dans lequel les informations obtenus seraient filtrées selon notre propre vision de ce dernier. 

En 2011, dans son livre The filter Bubble: What The Internet is Hiding from You, l’auteur Eli Pariser avait fait part des risques inhérents à la façon dont Internet se personnalise de plus en plus. Il est l’un des premiers à avoir évoqué les risques substantiels que représentent les “bulles informationnelles et intellectuelles” liées à l’hyper-personnalisation des données. Ces bulles seraient la résultante de calculs menés par des algorithmes capables d’identifier des régularités de comportements permettant d’établir le profil d’un utilisateur. Ainsi, les individus risqueraient de basculer dans une forme d’isolement intellectuelle et informationnelle.

Cliquez sur le bouton « Sources » pour les afficher:

https://www.bilan.ch/opinions/david-delmi/comment-les-reseaux-sociaux-nous-enferment-dans-des-bulles-de-filtres
https://www.ted.com/talks/eli_pariser_beware_online_filter_bubbles?language=fr
https://www.casilli.fr/2016/11/23/bulles-de-filtres-spirales-de-silence-algorithmes-et-politique-nextinpact-23-nov-2016/
https://customerthink.com/the-hyper-personalization-paradox-being-relevant-without-crossing-the-creepy-line/
https://www.wired.com/insights/2014/03/todays-internet-world-hyper-personalized-tribes/

https://framablog.org/2017/05/11/quand-les-recommandations-youtube-nous-font-tourner-en-bourrique/
https://www.conversationnel.fr/social-media/social-media-comment-les-jeunes-adultes-utilisent-les-reseaux-sociaux/

Sources

Laisser un commentaire