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Le cyber-harcèlement et moi

Pour comprendre mon rapport au cyber-harcèlement il faut d’abord se remettre dans le contexte du début des années 2000. A cette période, mon seul accès à internet était l’ordinateur du salon. J’avais le droit d’y accéder seulement pour y faire mes devoirs. Parfois, j’avais l’autorisation de l’utiliser pour écouter de la musique ou bien regarder un film. Ces moments se passaient toujours sous la surveillance de mes parents. A l’adolescence, j’ai pu avoir mon propre ordinateur portable. A ce moment là, je ne savais pas encore quelles portes j’allais ouvrir !

Au début, ma première utilisation consistait à poser des questions “existentielles” à Google, du style “les pingouins ont-ils des genoux ?” ou bien encore “Les vers ont-ils des yeux ?”. Ce n’est qu’un peu plus tard que j’ai connu les discussions sur MSN, les profils Skyblogs ou bien encore Myspace. Sur ces plateformes, que l’on qualifierait aujourd’hui d’antiquités, on pouvait déjà y voir quelques commentaires moqueurs voir agressifs ! A première vue ces dérapages me semblaient minoritaires; d’une part car je n’avais pas assez de recul sur la situation du fait de mon jeune âge et d’autre part car je manquais cruellement d’informations sur le harcèlement en ligne. 

Le côté obscure

Lorsque j’ai commencé à utiliser de manière assez régulière YouTube, Facebook , Twitter ou bien encore des forums de discussions; je me suis vite rendu compte qu’il y avait là un problème. Je m’explique. Pour ce qui est de YouTube mes premières vidéos étaient essentiellement des vidéoclips, des vidéos marrantes ou bien informatives. Rien de bien méchant jusque-là. Mais voilà, le moindre désaccord, avec l’avis ou les actions du YouTuber ou bien même avec les autres spectateurs, mène parfois trop souvent à des commentaires agressifs et haineux. On ne trouverait même pas le quart de ce genre d’interactions dans la vie réelle ! Mais comme il est facile de se cacher derrière des avatars ou des profils parfois inventés, nombreux sont ceux qui en profitent ! Il faut croire que l’anonymat et le sentiment d’impunité incitent certains à repousser les limites à l’extrême !

Créateur : Picasa
Créateur : Picasa

A présent, si je devais nommer une plateforme qui regroupe le plus de comportements toxiques se serait sans conteste Twitter ! J’ai l’impression que sur ce réseau tout est bon pour que ça dégénère. A la base Twitter, c’est plutôt un espace qui permet aux gens de suivre l’actualité , de débattre sur la politique ou bien encore la culture. Mais ce que j’observe depuis quelques temps c’est que les sujets lancés tournent parfois instantanément vers des insultes personnelles envers des inconnus. Même si je conçois bien que la plupart des tweets proviennent essentiellement d’un petit groupe de personnes, ces derniers font malheureusement plus de bruits et à terme, plus de dégâts. 

Une étude d’Amnesty International a constaté que la plateforme était particulièrement toxique pour les femmes noires. Elles sont le plus souvent la cible d’attaques, de menaces et harcèlements. Cette étude fait échos à mon expérience que je trouve particulièrement similaire à celle vécue sur les forums en ligne du style de jeuxvideos.com. Même si ces propos ne sont pas spécifiquement dirigés vers moi ils n’en restent pas moins blessants car je fais partie des catégories visées. Pour qualifier ce phénomène certains parlent même de « Misogynoir«  qui qualifie des comportements sexistes et racistes visant  les femmes noires.

Mon recul sur la situation

Voilà quelques années que j’utilise fréquemment les réseaux sociaux et plateformes de discussions. Soit pour m’informer, me divertir ou rester en contact avec mon entourage. C’est devenue presque un réflexe que de checker mon fil d’actualité ! L’atmosphère toxique auquel je suis confrontée, dû au cyber-harcèlement dont je suis souvent témoins et parfois indirectement la cible, font qu’il était assez difficile de prendre de la hauteur sur la situation. 

Il m’a fallu beaucoup de temps avant de trouver des astuces pour ne plus trop être affectée par ces propos. Maintenant j’évite de trop m’attarder sur les posts aux sujets trop clivant ou sensibles. Je préfère faire l’autruche en évitant de m’abreuver de négativités. Il faut dire que ces déferlements de haines me laissaient un goût assez amer me faisant penser que tout le monde était aigri voir même hypocrite ! Car dans le monde réelle c’était tout autre chose!

En prenant du recul, j’ai finalement compris qu’internet n’était qu’un exutoire pour certains. Des personnes parfois mal dans leur peau qui n’avait que ce moyen pour se décharger. 

Les résolutions

Depuis cette prise de conscience, je n’hésite plus à utiliser les outils de signalement mis à disposition par les plateformes en ligne afin d’empêcher les harceleurs de nuire. J’essaye de sensibiliser les gens autour de moi, de faire de la prévention surtout auprès des plus jeunes qui sont à mon sens les plus sensibles. Je leur fait comprendre que s’ils en ont besoin, je serais une oreille attentive.

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