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Les réseaux sociaux, un ami qui vous veut du bien?

Charles-Jean Baptiste Bonnin disait “confier ses peines à ses proches, c’est les alléger”. Depuis l’avènement des nouvelles technologies numériques, il est dorénavant plus facile d’alléger ses peines auprès de parfaits inconnus. Le cyberespace offre de nouvelles modalités de liens grâce à une pluralité de groupes traitant de tous sujets. Nous disposons ainsi de plus larges moyens pour satisfaire notre besoin de se connecter aux autres, que ce soit pour comparer nos expériences, trouver du réconfort, échanger ou bien trouver des réponses. Pour certains, ces groupes de discussion peuvent être la seule option lorsque l’on a personne vers qui se tourner. Pour d’autres, vivant des situations plus extrêmes, ils peuvent s’avérer être l’ultime solution de crise. 

Une machine qui produit et entretien du soutien

Le milieu des années 90 a connu le développement de forums en ligne. Les gens peuvent y discuter du sujet de leur choix, allant de la politique à des jeux de rôle sur table du style Donjons et Dragons. Ils constituent l’un des rares espaces où les utilisateurs préfèrent rester anonymes. De nos jours, les plateformes telles que Facebook, Tumblr, LinkedIn ou encore Twitter avec son système de hashtags, permettent de découvrir des personnes ayant des intérêts similaires aux siens et cela dans le monde entier. 

Les réseaux sociaux ont pour ainsi dire détrônés les traditionnels forums de discussion. Cela est notamment dû à leur nombre d’utilisateurs qui se comptent en millions voir en milliards. En 2018, c’est près d’un Français sur deux qui utilise et possède un compte sur les réseaux sociaux selon le Blog du Modérateur. Les autres avantages concernent leur côté pratique, à savoir la rapidité de création et de mise en oeuvre ainsi que la facilité de prise en main. Il y a également les codes, uses et coutumes qui sont plus facilement assimilables comparés à certains forums en lignes qui sont de ce fait, parfois moins accessibles. 

Certaines situations, telles que des addictions ou bien des violences subies au sein de son entourage, peuvent exacerber le sentiment d’isolement; il devient alors urgent de trouver un “refuge” pour y faire face.

Certaines situations peuvent exacerber le sentiment d’isolement; il devient alors urgent de trouver un “refuge” pour y faire face.

Les nombreux groupes qui existent sur ces plateformes peuvent être publics; signifiant qu’ils sont ouverts aux participants autres que les usagers; ou bien fermés, destinés exclusivement à des personnes spécifiques telles que des proches, des personnes d’une même école, d’une même profession ou bien encore des personnes suivants une même thérapie. Ces groupes de discussion, qu’ils soient publics ou privés, permettent d’échanger sur de multiples sujets communs menant bien souvent vers des actes de solidarité et d’entraide. Ainsi, ces espaces facilement accessibles, facilitent la mise en relation avec des personnes partageant de mêmes idées ou vécus. Ils offrent de nombreux avantages comme le fait de se sentir moins seul, d’avoir le sentiment d’appartenir à un groupe et de ne surtout pas se sentir jugé. 

Faire partie d’une communauté donne accès à des informations, des conseils et un réseau de soutien de personnes pouvant sympathiser et compatir. Certaines situations, telles que des addictions ou bien des violences subies au sein de son entourage, peuvent exacerber le sentiment d’isolement; il devient alors urgent de trouver un « refuge » pour y faire face. Sur Facebook, certains groupes tels que “SOS addiction” ou encore “Bipolaire mais pas seul, positivons !” donnent accès à des informations, encouragent les gens à parler, à partager leurs expériences et surtout à positiver. Il y a également des groupes tels que “Femmes victimes de violences conjugales” dans lequel les membres s’apportent mutuellement du soutien et de l’aide à travers leurs témoignages et expériences. 

La proximité sociale comme solution de crise 

Récemment avec les événements liés au nouveau coronavirus, la distanciation sociale et le confinement sont de mises en France. L’on remarque que ce contexte particulier, pousse les gens à renouer avec une «solidarité naturelle». Les chaînes de télévision d’informations en continu tels que LCI, BFM TV ou encore CNews, nous montre en boucle des images de rues désertes, de restaurants, de bars fermés, de monuments et musées vides, témoignant ainsi de l’isolement sociale vécus par des millions de français. Ainsi, le besoin de proximité s’avère être plus que cruciale afin de faire face à cet ennemie invisible. La distance physique étant nécessaire, les réseaux sociaux tels que Facebook ou encore Twitter, permettent aux personnes de garder et de préserver cette proximité sociale. 

L’importance et la nécessité d’être en groupe lorsque l’on traverse une crise n’est pas sans rappeler les situations extrêmes telles que les élans de solidarités à la suite de vidéos de personnes démunies, malades ou ayant fait un acte héroïque;  des cagnottes se mettent alors en place pour leur venir en aide. Elles font également échos aux mouvements révolutionnaires apparus au Moyen-Orient pendant le “Printemps arabe”. Les gouvernements avaient bloqués l’accès à toutes informations et communications. Les réseaux sociaux avaient à l’époque permis au peuple de se soutenir et de s’organiser pour mener à bien leur révolution. Certains iront jusqu’à qualifier ces événements de “révolution Facebook”, “d’une révolution Twitter” voire même “d’une révolution 2.0”. 

Un ami avec quelques défauts

Les réseaux sociaux sont depuis quelques années très critiqués pour leur côté addictif. Ils sont également accusés de rendre les personnes beaucoup plus égocentriques et auto-centrées. Récemment, grâce au développement d’algorithmes basés sur de l’intelligence artificielle, on les accusent de créer des “bulles d’hyper-personnalisation” ou bien des “bulles de filtres”. Ils sont aussi fortement décriés concernant leur nombre élevé de “fake news” (informations bidons). Ainsi, beaucoup questionnent leur fiabilité et préfèrent pour cela s’en tenir aux forums indépendants qu’ils estiment être plus sérieux. 

Et vous, que pensez-vous des réseaux sociaux ? Ami ou ennemi ?

Cliquez sur le bouton « Sources » pour les afficher:

https://www.cairn.info/revue-de-psychotherapie-psychanalytique-de-groupe-2018-1-page-21.htm?contenu=resume#

https://fr.surveymonkey.com/mp/when-to-use-focus-groups-in-your-market-research/

https://www.credoc.fr/publications/veux-tu-etre-mon-ami-l-evolution-du-lien-social-a-l-heure-numerique

https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-2011-1-page-99.htm 

https://telquel.ma/2020/03/21/loin-des-yeux-proche-du-coeur%E2%80%89-le-lien-social-aux-temps-du-coronavirus_1674647

Sources

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